L’environnement au cœur de l’action du Tourisme équitable et solidaire

L’impact du tourisme sur l’environnement

L’environnement au cœur de l’action du Tourisme équitable et solidaire

 

Le tourisme est par nature un secteur transversal qui permet de tirer des fils pour nous relier à l’histoire et aux cultures du monde mais dont certains effets se font également ressentir de façons plus problématiques. Parmi eux, il y a évidemment la question de l’impact du tourisme sur l’environnement et les moyens que nous nous donnons pour tenter de les réduire voire de les maitriser.

Les 17 Objectifs de Développement durable conscients de l’enjeu “nature” !
Tout au long de l’année 2017, Année internationale du tourisme durable pour le développement, l’Organisation des Nations Unies (ONU) associée à l’Organisation Mondiale du tourisme (OMT) invite à une réflexion profonde en ce sens, avec pour base les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). Or il est à noter que si aucun de ces Objectifs n’aborde directement la question de l’environnement, cette dernière revient en filigrane dans la plupart d’entre eux avec notamment l’ODD 14 s’intéresse à la question des mers et océans.

Ainsi, l’ODD 2, « Faim Zéro », insiste sur la façon dont nous cultivons, partageons et consommons notre alimentation et précise que : « l’agriculture, la sylviculture et la pêche peuvent fournir une alimentation nutritive pour tous et générer des revenus décents, tout en soutenant le développement rural et la protection de l’environnement ». Cet objectif insiste également sur le respect de la biodiversité et la préservation des ressources, un sujet au cœur de la réflexion des professionnels engagés pour le tourisme équitable et solidaire, qui privilégient systématiquement les producteurs locaux et les produits du terroir aux denrées importées du nord.

Dans le même esprit, l’ODD 6, qui vise à « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau » nous rappelle que la pénurie d’eau affecte plus de 40% de la population mondiale et que plus d’1,7 milliard de personnes vivent actuellement dans des bassins fluviaux où l’utilisation de l’eau est supérieure à la quantité disponible. Or nous savons bien que le tourisme de masse peut, là aussi, venir intensifier cette pression sur l’eau, avec ses grands hôtels assoiffés d’or bleu. Conscient de cette problématique, beaucoup d’acteurs du tourisme équitable et solidaire ont d’ores et déjà centré leurs projets de développement sur la construction d’équipements visant à faciliter l’accès à l’eau. En ce sens, « A’Tibo », a financé en 2015 un puits dans le village de Dikouenteni au Bénin. De même, « Au cœur des Peuples » a cofinancé la réhabilitation d’un château d’eau dans le village d’Ouriz (Maroc) et ce notamment grâce au voyage sur place d’un groupe de cinq personnes. Autant d’actions positives qui démontrent combien le tourisme solidaire est habile à trouver des solutions pragmatiques et concrètes avec des moyens souvent modestes.

Les acteurs du tourisme équitable et solidaire s’engagent….
L’accès à l’eau mais aussi l’accès aux ressources énergiques, et sur ce point, on peut citer l’ODD 7, qui préconise de « garantir l’accès de tous à des services énergiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable » quand aujourd’hui encore, une personne sur cinq n’a pas accès à l’électricité moderne. A noter là aussi les nombreux projets de terrain qui cherchent à s’appuyer sur le tourisme pour en faire un levier de développement local. Ainsi, en 2012, c’est en grande partie par ses activités que Rencontres au Bout du Monde a pu contribuer au financement de l’équipement en éclairage solaire public des villages de Vidasar, Singha San, et Kathrata au Rajasthan (Inde).

En sus, si le tourisme est un utilisateur gourmand en énergies de toutes sortes, il est aussi un important émetteur de Gaz à Effet de Serre (GES), 5% de la totalité des GES étant émis par le secteur. L’ODD13, qui consiste « à prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions » prend alors tout son sens. Toutefois, comment faire en sorte que les touristes prennent moins l’avions quand on sait le goût de tout un chacun pour aller à la rencontre des terres et cultures éloignées ? Vaste dilemme, la compensation carbone est une première réponse que les acteurs du tourisme équitable et solidaire ont mise en œuvre mais elle ne suffit pas. En ce sens, ils s’engagent également à ce que les séjours long courrier proposés aient un minimum de quinze jours (huit jours pour un moyen courrier). Les avancées technologiques sont aussi des pistes explorées mais là aussi le temps presse. Les énergies durables (ODD7) et des modes de consommation et de production durable (ODD12) sont donc tout aussi inévitables.

Economiser toujours plus L’eau, l’énergie, les ressources !
Enfin, impossible de conclure ce premier tour d’horizon sur tourisme et environnement sans parler de notre planète d’une façon plus globale, chaque jour sujette à de nouvelles agressions dont le tourisme est en partie responsable. L’ODD 14, qui vise à conserver et exploiter durablement mers et océans, inclut bien sûr également les ressources marines. Or, 40% des océans du monde sont fortement touchés par les activités humaines, y compris la pollution, l’épuisement des ressources halieutiques et la disparition des habitats côtiers. Chaque seconde, 206 kg de déchets plastiques sont déversés dans les océans du monde entier. Tous sont d’origine humaine. Et les déchets aquatiques sont une menace grave non seulement pour le milieu marin mais plus largement pour l’ensemble de l’écosystème. Ainsi, on sait par exemple combien les tortues ont à souffrir des nombreux sacs plastiques abandonnés chaque année par des vacanciers peu scrupuleux, qu’elles prennent pour des méduses puis avalent avant de mourir étouffées.

Enfin, à terre également, les écosystèmes terrestres sont chahutés quotidiennement, à l’image de nos forêts, de nos déserts, de nos paysages. En ce sens, l’ODD 15 préconise de « préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité. » Conscients de ces écueils, les acteurs du tourisme social et équitable membres de l’ATES respectent une grille de 54 critères précis et objectifs dont le recours maximum aux ressources locales (critère 26), le fait de privilégier des choix techniques respectueux de l’environnement en cas d’investissement touristique (critère 33), le respect de biodiversité (critère 34) et l’aménagement de temps de sensibilisation pour permettre aux voyages d’effectuer leur séjour dans le plus grand respect des populations, des cultures et de leur environnement (critère 37). Les voyageurs sont également sensibilisés en amont et en aval à l’ensemble de ces problématiques.
une analyse de Geneviève Clastres
HôtelsAfrik – Actualité des professionnels du tourisme

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Post Author: Youssou Mboup